Industrie: le FCE préoccupé du sort de la filière électronique et électroménager

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Le Forum des Chefs d’entreprises (FCE) s'est dit, dimanche dans un communiqué, préoccupé du sort des entreprises algériennes activant dans l’industrie électronique et de l’électroménager, victime des restrictions appliquées sur l'importation des intrants.

Le communiqué du FCE intervient, en effet, suite à l’annonce par Condor et Eniem de libérer plusieurs milliers de travailleurs et la préparation de plans sociaux pour mettre d’autres travailleurs au chômage technique.

« Le Forum constate avec inquiétude la dégradation de la situation des entreprises nationales publiques et privées et exprime sa préoccupation quant à l’avenir de leur situation et de celle de leurs employés », a indiqué l’organisation patronale qui souligne que cette dégradation « s’est accentuée au cours des derniers jours selon les déclarations des entreprises » en citant en particulier l’Eniem, Condor, IRIS, Sacomi-Thomson, Bya Electronics, Brandt, Starlight, Géant.

Dans ce sens, le Forum pointe du doigt la note du 30 septembre 2019 de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF) qui concerne notamment l’obligation du différé de paiement ainsi que le blocage des autorisations d’approvisionnements en Kits et collections pour les filières électroménager et téléphonie mobiles, ce à quoi il faut ajouter les homologations des produits par l’autorité de régulation (ARPCE).

Suite à l’application de ces décisions, le FCE avait alerté en novembre 2019 des risques de l’arrêt de plusieurs unités de production ce qui engendre -selon l’organisation- la mise au chômage de milliers d’employés, l’augmentation de la facture d’importation, la pénurie des produits et son impact « certain » sur l’inflation et les prix auprès du grand public.

Sur ce point, le Forum estime que plus de 20% des employés de la filière ont été mis au chômage tout en soulignant que « ce taux est appelé à augmenter dans le cas où des mesures urgentes ne sont pas prises par les pouvoirs publics, au moins, pour stopper la dégradation de la situation en attendant de redynamiser le secteur productif dans le cadre d’un plan de redressement économique ambitieux et réaliste ».

En premier lieu, le FCE propose de sursoir la note de l’ABEF dans sa disposition relative au différé de paiement: « Le Forum s’est interrogé sur le champ d’application de ladite note qui a imposé de nouvelles exigences en matière d’importation des inputs, qui a ciblé les producteurs et exclu les importateurs des produits finis. Ce paradoxe encourage l’importation des produits au dépend de la production locale, ainsi que le renforcement de l’informel qui pèse déjà sur notre économie et sa compétitivité ».

En outre, il est nécessaire, poursuit le FCE, de libérer les autorisations d’importations des kits CKD/SKD « en attendant la mise en place d’un nouveau dispositif pertinent, mieux réfléchi, adapté à la situation de chaque activité et incitatif de manière différenciée en fonction des efforts de chaque entreprise dans le progrès d’amélioration du taux d’intégration ».

Le FCE a affiché sa disposition à engager une réflexion globale, en concertation avec les pouvoirs publics et des opérateurs économiques, sur la situation des entreprises en difficultés afin de « juguler le problème de la mise au chômage des travailleurs dont les conséquences seront très graves pour la stabilité sociale qui est nécessaire pour un redressement de l’économie nationale dans les mois et les années à venir », ajoute-t-on.